Je ne cesse de le dire et de le redire : j'aime les dystopies à la folie... Même si c'est un effet de mode, même si elles fleurissent un peu partout ces temps derniers, c'est un genre qui sait exploiter toutes les richesses, toutes les dimension de notre société... Et Victor Dixen choisit d'exploiter la dimension spatiale avec Phobos, un roman dystopique dans la lignée de la Sélection et qui se déroule sur le chemin qui mène à Mars.
Petit résumé pour vous donner l'eau à la bouche : pour pallier au surendettement des Etats Unis d'Amérique, le nouveau président a liquidé de grandes institution telles que la NASA et ses programmes de recherches sur Mars à Atlas, un groupe bien mystérieux qui a décidé de liquider le superficiel et de rentabiliser le programme en mêlant conquête de l'espace et télé-réalité. Le but : envoyer six jeunes filles et six jeunes hommes sur Mars afin de coloniser la planète rouge. Pour cela, chaque semaine, ils se rencontreront six minutes sous l'oeil des caméras pour des séances de speed-dating afin de choisir le partenaire idéal pour peupler leurs nouvelles installations sur Mars. Mais alors que Léonor et ses onze condisciples se dirigent sur la planète rouge, l'issue semble de moins en moins certaine... Ont-ils embarqué pour la planète rouge ou plus certainement pour la mort ?
Très franchement le principe m'a immédiatement emballé. Ayant beaucoup aimé la Selection, Phobos promettait d'être tout aussi intéressant. Et je ne me suis pas trompée. J'ai quelques réserve bien sur. Je ne suis pas toujours fan de l'écriture, qui, même si elle est fluide me fait grincer des dents au niveau de certains dialogues. La scission en actes est très intéressant. L'écriture suit le même principe théâtral avec didascalies à certains endroits et l'effet est très réussi, et même si le tout manque de cohérence le lecteur se prends tout de même au jeu, suivant le rythme fluide de Victor Dixen pour découvrir Safia, Léonor, Kris, Marcus, Mozart et les autres dans leurs aventure télévisée tout en découvrant l'ampleur de la conspiration qui se trame dans les coulisses du programme Génésis.
Les personnages sont attachants et franchement, on se retrouve vite accro au point de rester éveillé toute la nuit pour suivre les combats intérieurs de Léonor.
Car au final, même si le complot est la partie centrale du roman, ce n'est pas ce qui m'a attiré le plus. J'ai été très déçue par cet aspect du roman. J'aime être surprise. J'aime découvrir dans les dernières pages le fin mot de l'histoire, avoir le souffle coupé tandis qu'un "non!" scandalisé sort de mes lèvres en découvrant ce que ces salauds mijotaient à mon insu. J'aime avoir des indices, suivre des pistes et me tromper. Mais Victor Dixen ne nous offre rien de tout cela. Comme beaucoup de romans que j'ai lu récemment, il livre tout simplement le secret de la conspiration comme ça, comme une fleur, dès les prémices du roman. Rien n'est subtil dans la manière d'aborder le sujet.
Bien sur il y a des aspects du complot qui nous resteront cachés jusqu'au second tome - comme l'identité de ceux qui tirent les ficelles : le groupe Atlas- mais j'aurais aimé plus de mystère.
Sans doute n'étais-ce pas là le but de Victor Dixen, puisqu'il se focalise non pas sur la découverte du secret par ses lecteurs mais par ses personnages, ce qui au final est très bien construit tout de même.
Bref un grand coup de coeur tout de même pour Phobos qui a su me captiver jusqu'au dernier instant. Je lirais avec plaisir le second tome dont la sortie est programmée pour le 19 novembre.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire